Après une mer encore bien chargée et quelques beaux surfs, les conditions se sont un peu assagies. Et l’Excess 11 continue d’apporter satisfaction à son skipper : « Le bateau marche très, très bien, je n’ai pas de problème notoire à bord. Ça fonctionne super bien, c’est l’éclate ! » Éric aurait certes préféré célébrer ce passage symbolique sous un grand ciel bleu, mais la nature en a décidé autrement. Qu’importe : « En fait, on s’en fout. C’est trop bien ! » Pour marquer le coup ? Un café, tout simplement.
La suite s’annonce pourtant nettement plus stratégique. Éric navigue désormais sur une frange de pétole et cherche à conserver suffisamment de vent pour continuer à descendre vers Madère et contourner par le sud le système de hautes pressions. Avec son routeur, le marin continue d’étudier la possibilité de se glisser dans le fameux « trou de souris » entre Madère et les Canaries. Une nouvelle analyse météo doit permettre d’affiner cette option. L’enjeu est important : une mauvaise transition pourrait lui coûter jusqu’à deux jours dans la troisième semaine de navigation.
Mais derrière le routage, les milles et les performances de Skiboo 2 se joue une autre aventure, beaucoup plus intime. Dans un échange avec Théo Lelay, d’Excess Catamarans, Éric raconte ce que ses images de la vie à bord ne montrent pas forcément. Avant son départ, sa famille lui a confié un coffre contenant 32 enveloppes, une pour chaque jour de navigation. Et Éric pousse le rituel jusqu’au bout : chaque jour, il ouvre la sienne à 13 h 02.
« Être en solitaire et ressentir toute cette énergie qui te pousse comme ça… jamais je n’aurais parié un kopeck là-dessus. » Une énergie qui accompagne sa détermination à emmener son catamaran de l’autre côté de l’Atlantique et, si possible, à rester proche du timing annoncé.
Éric résume finalement mieux que personne ce huitième jour : « Il y a plusieurs aventures dans l’aventure… Waouh, merci la vie ! »
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